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Sant Vicens
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A l'origine, Sant Vicens est un mas du 18ème
siècle, entouré de vignes, situé
au sud-est de la ville dans ce qui deviendra plus tard le quartier Saint Gaudérique.
Durant l'occupation, en 1942, des céramistes quittent la manufacture de Sèvres et
cherchent un lieu en zone libre pour continuer leurs travaux. Sur l'initiative de
deux frères,
Firmin et Denys Bauby, la poterie Sant Vicens voit le jour. Le premier four est inauguré en compagnie d'Aristide Maillol.
Des artistes roussillonnais s'associent alors au savoir-faire de la poterie pour
mettre au point une technique particulière toujours utilisée de nos jours.
L'ancienne cave du mas est transformée en salle d'exposition pour que le visiteur
puisse découvrir les céramiques dans ce chais centenaire composé de deux rangées
de foudres en chêne.
En 1950, Sant Vicens reçoit la visite de l'artiste
Jean Lurçat
(1892 - 1966), qui a contibué dès les années 30 à rénover l'art de la tapisserie.
Il est séduit par la qualité du savoir-faire de la poterie et y séjourne plusieurs
fois par an. Dès lors, il va confier à l'atelier la réalisation exclusive de ses
céramiques et fresques murales dont l'entrée du chais et la façade ouest de Sant
Vicens mais aussi, l'impressionnante fresque murale qui orne la façade de l'auditorium
de la Maison de la Radio à Strasbourg (la plus grande fresque en céramique d'Europe).
Dans les années qui suivent, beaucoup d'artistes attirés par le Roussillon ne manquent
pas de rendre visite aux frères Bauby. Parmi les plus prestigieux citons, Salvador
Dali, qui se singularise par une entrée carnavalesque sur son carosse
en août 1965 pour y prononcer deux discours métaphysiques sur sa "résurrection" et
sur "le centre de l'univers"; Pablo Picasso, Charles Trénet,
Yehudi Menhuin, divers artistes de variétés, écrivains
et politiques. |
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